À celui qui enseigne que le rêve est la réalisation d'un désir, j'enseigne que la nuit veut être un serment, et qu'à son tour ce serment veut le jour !

À s'aventurer dans le délocal, l'homme monte dans l'humain, et jusqu'à en sortir.. par le haut, mais alors il retombe, au plus local, se rassurer dans une économie du tout humain .

Appelons kor l'objet partagé de notre aventure et de l'humaine connaissance. kor est là comme notre écriture, éparse et recueillie .

Ça dit bien ce que ça veut dire .

Ce qui veut abcéder inspire à l'oreille attentive une légère inquiétude, écho du légitime effroi que motive la faille .

Celui qui croit avoir deux corps vieillit plus vite que son ombre - puisse t'il ne pas attendre en vain un miracle .

Cynisme : le chien comme chose .

Dès lors que l'on sait ce que le corps doit aux éléments (terre air feu eau) la crucifixion cardinale des orientations est un plaisir exquis, divin : un instant en suspens d'immobilité, d'attente - voilà la crucifixion naturelle de l'innocent .

Dialectique : une main, prothèse - trois doigts propres à saisir toute chose ; non pas penser : pincer ; Hegel en pince pour la distance, mais universellement .

Dyslexie : monèmes fondus des Pompéi scolaires (solaires) .

Il est plus facile de faire des erreurs que de s'en passer .

Il faut prendre les miroirs pour ce(ux) qu'ils sont : une humanité en quête de reconnaissance .

Il y a ceux qui incessamment veillent au désir d'un meurtre solaire, et il y a ceux qui rêvent, accueillant à leur sommeil la vacance nocturne du soleil .

Il y a chez Descartes une logique, qui mène au suicide, et détourne de la folie .

Intelligence : en être de s'y soumettre ailleurs .

La bêtise n'est jamais que surprise .

La contemplation nocturne d'un ciel étoilé nous donne une idée du miracle Grec .

La lune est cigogne ; un oeil sur chaque pas qui touche à tout ce qu'elle offense .

Là où l'humain surgit et se détermine, là apparaît un dualisme. au très profond des choses de l'être, ce dualisme est le fond de l'étant - le fond de tout étant même, puisque le fond de l'humain .

La solitude est une caverne, sans cesse se dénoue le mystère de son obscurité que des détours oubliés scellent à son incontournable traîtrise .

La vie est une expérience sur la mort .

La vie est une fesse qui se rebondit .

La vie - l'élasticité de la distance qui réunit deux êtres .

L'écriture ou les aventures de la seconde dimension .

Le langage est un raccourci : penser - tension pour une courbure. cambrure de la verge raide, arc bandé du désir, au sens d'Einstein aussi : le plus court chemin. En fait et place du poème, le simple mot est raccourci de parole. en fait et place de ce mot, le poème seul pense l'espace premier du mot comme une vastitude inouïe : tout le poème de Verlaine - je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant - au lieu de : maman. Le poème augmente, expanse, transgresse, époustoufle ce rapport : penser/parler .

Le monde est un sac d'oreilles, qu'importe ce qu'on y entend tant qu'y sombrent les images ; car l'esprit n'est qu'un moyen ordinaire du réceptacle et du recueillement dans l'aventure de la connaissance, et les sens seuls convoquent au rêve et au rire - visions, malheurs, bénédictions .

Le plus vieux, le déjà là : celui qu'il suggère de se mettre en vue, celui là je l'appelle : le voltigé .

Le rire mélange les voix .

Les nerfs sont la limite de l'homme comme la peau est le tégument du corps, mais l'homme n'existe qu'au seul sortir de cette enceinte, et dans ce mouvement, la douleur gagne une âme .

L'homme est un dieu qui se croit homme .

L'homme prit une chose dans chaque main, et son corps eut un sens, et son coeur dit "et" .

Lorenzaccio : boire son courage pour vivre une bravoure .

L'un-devient-deux nous livre le code, secret universel dans la finitude scripturale de l'étant : le compte est le conte non dit de nos vies .

Mépris : mot-coeur .

Naître et suivre : la lente ondulation de l'être dichotomique .

Notre adresse est toujours finalement dans l'espace .

On ne joue qu'elle que le masque mime : la mort .

Par chiffre onze, on entend la structure duelle de symbolique ; faillite de l'être partagé dans la subsumption du discontinuum et celle de la volonté de puissance. Mais il va de soi qu'une organisation hiérarchique ne peut conserver qu'un temps l'individuation du scandé comptant le onze. Aussi et ailleurs avons nous suffisamment démontré la récurrence, au sein même de la pure différenciation du discontinuum, des identités duelles structurantes .

Pas de démonstration sans méchanceté .

Penser : l'universellement oublié d'une question dans son rapport .

Penser : tension pour une courbure .

Pièce solitaire écartée, hygiène corporelle répétée, tenue vestimentaire d'apparat : mille toilettes, déambulation au sein des miroirs .

Qu'en est il des fils de la lune, au sexe rouge et au teint gris ?

Tire ta leçon comme un couteau .

Un fil de sang peut épargner le sacrifice d'en finir avec le hasard .

h t t p : / / w w w . r e n a u d b r a n d i . n e t

à la tranchée d'une onde
l'abîme libérateur

aux vents des terrasses
de temps en passes

cage-poubelle
volupté conceptuelle

capture polie
présent barbare

comme on aime à peupler d'impasses
l'espace poétique de notre naissance

dans la lumière du boire
à la bannière des buveurs de noir

fers aux pieds
bille en tête

gisant de gloire divine
brûlé des yeux et du coeur

l'art des notes
l'art des lyres

l'heure de l'eau
le lieu de l'âge

l'oeil seul veille en O
O vous dont les O sont si douces

l'union de rien avec soi seul
belle et noble misère du coeur

la danse du signe
la métamorphose du nu

le sage est un singe de rêve
le singe est un sage orgueil

la sainte absence
le monde du sommeil

le silence fragilise l'étant
la flèche du bruit transperce l'être

le soleil est bleu
la mer souffle

le sous terrain n'est pas sage
l'errance est légitime

le temps secret
l'image de l'être

le vol du couteau
le don de la pierre

les douze mois du littérateur
les treize ors de la quête

les temples clos
l'oreille du monde

loin des yeux
loin des pleurs

ma vie flambe des lumières de l'oubli
mais je ferme les yeux au plus obscur du monde

majuscule d'entrée de défense
ponctuation finale de bouclage

patiente enclume
ciel de cage

piste drôle
miel d'enfant

sacre bleu des enfants sages
marche austère des pénitents

un cri qui pousse
le forme du souffle

ventre mou
gras vide

vive le vol
vive le duel


h t t p : / / w w w . r e n a u d b r a n d i . n e t